Rétrospective Charles Marcon

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       le joyeux cycliste, 1993.

Avec l'aide du CASC et des services de la culture de la Mairie du 6ème arrondissement de Paris, l'association a eu le privilège d'organiser une très belle exposition rétrospective Charles Marcon en septembre 2009, place St sulpice.

Le joyeux cycliste en était l'emblème, sur un calicot géant posé sur la façade de la Mairie.

L'exposition présentait cinquante ans de création, à travers une cinquantaine de peintures, techniques mixtes, encres, réalisées de 1960 à nos jours. Le visiteur suivait un parcours à peu près chronologique, lui offrant un bon éventail des sujets taités, des techniques utilisées, de l'évolution du style. L'association a réuni quelques unes des oeuvres les plus significatives provenant de collections privées et de l'atelier de l'artiste.

A lire: l'article de Lydia Harambourg.  Un catalogue PDF complet de la rétrospective Charles Marcon est disponible sur demande. A lire aussi : le parcours résumé de l'artiste.


 

Aperçu de l'exposition

L'exposition débute par cette peinture de 1962, "la maison jaune",65x100cm.

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 Dès 1960, Charles Marcon s’interesse à la synthétisation des formes, qui, avec les couleurs, jouent les unes avec les autres pour définir une perspective. Les couleurs brutes, vives, l’atmosphère générale évoquent l’expressionisme allemand. Déjà s’affirment des éléments du langage auquel il restera fidèle : les mains, pariétales, ont une valeur symbolique et rythment les silhouettes humaines. L’homme ne se tient jamais droit, figé, affirmatif, mais comme lové, sauvage, cette attitude préhistorique. L’arbre synthétisé, les formes se détachant sur des cloisonnements de couleurs violentes… Un dialogue s’installe entre le personnage principal, au premier plan, et « les autres » placés dans la perspective d’un paysage. De l’ensemble se dégage une grande poésie.

 

 

 

 

 

 "pas de deux" de 108x80cm (1964).

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 En 1964, Charles Marcon obtient d’accéder aux coulisses de l’opéra afin d’y travailler. Il en tire une série de pastels impressionnants.

La richesse de ce « pas de deux «  est étonnante, pas une zone de ce tableau ne manque de force. L’encre dessine ici des formes, fonctionne  là comme une couleur, pointille l’espace, strie le sol.

Le rythme  est omniprésent : les traits du sol, d’autres liant les personnages, s’opposant aux pointillés de l’air. Rythme dans les coups d’éclairage, de couleur. Rythme aussi dans la description des personnages: les couleurs (blancs, verts, rouge, noir), les formes cloisonnées ou non.

 

 

 

 

 

 Le cirque est un thème qui lui est cher, dès les années 60.

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 Un des rares formats carrés de cette époque. Une vue plongeante sur la piste d’un cirque, entourée par les spectateurs enthousiastes. Un personnage et son énorme ballon, des trapèzes, un chien et des hommes acrobates : la fête bat son plein.

  La composition est remarquable de rythme, d’équilibre en suspension. Le ballon jaune, la piste verte, les spectateurs jaunes bordés de rouge forment des cercles concentriques. Les piliers du chapiteau participent à la perspective plongeante et situent les trapézistes; les quartiers qu’ils délimitent forment autant de variations des quatre couleurs de cette oeuvre. Cette magnifique invention des pointillés donne substance à l’ espace, qui prend  couleur et lumière.

Une composition rythmée, joyeuse, poétique.

 

 

 

 

 

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Fête de nuit  1972  100x65 cm

D’une sobriété étonnante, ce tableau dégage beaucoup de force. Thème le plus fréquent chez Marcon, des personnages sont disposés dans un paysage.  Le rapport de leurs tailles et de leurs couleurs définit la profondeur de la scène; on sait où est le sol, pourtant nullement décrit.

Ce tableau synthétise tout ce qu’il a réalisé sur ce thème jusque là, et par sa concision annonce les oeuvres des années 84-90.

L'équilibre des couleurs - blanc inclus - nous met à l’aise dans ce paysage abstrait. Tout parle à tout, l’ensemble vit, crée une impression fugace, une envie d’y revenir voir. Une composition avant tout, comme rigoureusement poétique. 

 

 

 

 

 

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l'homme qui sème aux oiseaux  1973  100x65cm

Un flamboiement, une exubérance de couleurs et de formes dessinent un paysage onirique quasi abstrait. Plongé dans la joie de la nature généreuse, un homme  vit  un moment  d’homme, heureux d’exister dans cette soupe exubérante. Le dessin autant que la couleur donnent comme une tension entretenue par ce foisonnement de points colorés appartenant à l’espace.

 

 

 

 

 

 

La mer se retire   1978     56x76cm

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 On imagine ici le peintre pénétré des poêmes de  Rimbaud, à qui il est très attaché.

 La mer s’est retirée au loin, laissant le soleil se refléter sur le sable mouillé, des mondes surréalistes s'offrent alors au Bateau Ivre...

 

 

 

 

 

 

 Cette "pastorale" de 1988 étonne par l'originalité et la délicatesse des tons..

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Le thème du déjeuner sur l’herbe, peint par tant de grands artistes. A l’ombre d’un arbre, au bord d’une rivière, un couple se détend autour d’un pique nique. L’image est toute douceur enchantée, comme l’est la combinaison originale des couleurs.

L’œuvre  évoque avec beaucoup de justesse le deuxième mouvement de la Symphonie Pastorale, que Beethoven intitula « scène au bord d’un ruisseau ». Un tableau très « marconien », par la facture, le langage et l’atmosphère.

 

 

 

 

1991: L'année Mozart bat son plein. Charles s'immerge complètement dans l'univers du compositeur. Il peint et dessine pendant deux ans sur ce thème seulement. Auvers-sur-Oise lui commande des oeuvres pour accompagner son festival de musique dédié au génie de Vienne.

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 fantasia, 80x80cm (1991)

 

 

 

 

 

 

Les années 90 se verront particulièrement fécondes. Les couleurs se font encore plus éclatantes, on voit davantage de paysages sans personnages, les tableaux confinent parfois à l'abstrait.

 

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Le Joyeux cycliste,  1993   (80x80cm)

Ce tableau de 1993 reflète l'univers et le langage de l'artiste depuis 1960, avec les moyens et le style des années 1990: renouveau des couleurs vives, grands aplats. Cette oeuvre nous communique avec spontanéité la joie pleine et simple d'une balade en vélo dans la campagne ensoleillée. Comme souvent, le sol est lumineux; notons le ciel bleu qui enveloppe le cycliste par dessous l'arbre, renforçant l'idée poétique du tableau. Un tableau emblématique, parfaitement adéquat pour illustrer le monde et le style du peintre.

 

 

 

 

  

"Le merisier", 80x80cm,  1993.

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« Exubérant » fut le mot du peintre -ils sont rares- à propos de ce tableau, auquel il est très attaché. Dans une sorte de jubilation, une invention en génère une autre, avec une grande maîtrise technique et une inspiration débridée. La vitalité qui se dégage de l’ensemble impressionne, aussi bien par le dessin, l’encre appliquée sur la peinture, que le festival de couleurs brutes.

 

 

 

 

 

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Jeu de lumière    1994    peinture  80x80 cm

Ce jeu de lumière est abstrait au sens où le sont les nymphéas de Monet: une expression de la vibration de la nature.

 

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En 2002-2003 Charles est séduit par le polo, auquel il consacre un grand nombre d'oeuvres. Comme toujours, il ne s'occupe pas du réel, mais de l'empreinte du réel dans notre terreau poétique. "polo miroir", 70x70cm, (2003).

 

Aujourd'hui, Charles poursuit son chemin souvent à la limite de l'abstraction, généralement sur des petits formats:

"opus3", 30x30cm, 2009. Il n'a pas fini de nous étonner...

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Les paysages abstraits se multiplient au cours des années 2000. Ils sont prétextes à autant de compositions de couleurs et de formes dessinées. L’œil se promène ici dans un espace à trois dimensions; comment s’y sent-il tant à l’aise?  Sans doute s’y nourrit-il de l’essentiel, de ce qui finit par imprimer profondément notre mémoire visuelle, mais que seuls certains êtres sont capables de restituer…

 

Remerciements

Tous les membres de l'association tiennent à adresser leurs plus vifs remerciements à

Monsieur Jean-Pierre Lecoq, Maire du 6ème arrondissement,

Monsieur Olivier Passelecq, Adjoint chargé de la culture,

Monsieur Jean-Marie Andriveau, président du comité d'action culturelle et sociale du 6ème,

Madame Christelle Allain, responsable au service culturel de la mairie, ainsi que ses collègues,

Madame Brigitte Spitz, graphiste,

Monsieur Yves Nadal, photographe.